Un salaire… Mais encore !

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Un salaire… Mais encore !


La question des salaires est essentielle, non seulement pour les salariés, mais aussi, pour les retraités et les privés d’emploi, puisque derrière le pouvoir d’achat, il y a les cotisations sociales, les fameuses « charges » que dénonce constamment le patronat.

L'augmentation de la CSG, la baisse des APL, l’augmentation des prix de l’énergie, du carburant, des frais bancaires, des assurances, des loyers…, la stagnation des salaires, la désindexation des retraites, le retour de l’inflation sont autant d’éléments qui prouvent que la situation, loin de s’améliorer, se détériore, contrairement à ce qu’affirme le gouvernement.

QU’EST-CE QUE LE SALAIRE ?

Le salaire est le paiement de la force de travail. Il doit garantir les moyens nécessaires à l’existence et permettre l’épanouissement du salarié par l’élévation de son niveau de vie et ceci en dehors de tout autre élément de rémunération. Il doit assurer une véritable garantie et reconnaissance des qualifications et compétences du salarié.

COMMENT SE COMPOSE LE SALAIRE ?

Le salaire direct : c’est la somme versée individuellement à chaque salarié, le net de la fiche de paie.

Le salaire socialisé prône un mécanisme de redistribution. En effet, les cotisations sociales sont un pot commun permettant de verser un salaire aux retraités, de payer des indemnités aux personnes malades, aux chômeurs, les allocations… C’est de la solidarité.

Les cotisations salariales sont prélevées sur le salaire brut, les cotisations patronales viennent en plus, ce que les patrons appellent des « charges ».

Les deux constituent l’ensemble du salaire. Ces soi-disant charges ne sortent pas de leur poche, c’est le fruit du travail des salariés, c’est le salaire indirect.

Les politiques de réduction des cotisations, par les exonérations ou par la fiscalisation, sous prétexte de soulager les « charges » des patrons, ont pour conséquence de réduire nos salaires.

Dans le salaire socialisé, il y a cette notion qui traduit le caractère collectif de la relation de travail, qui s’est imposée grâce aux luttes sociales. Elle correspond à des prestations, auxquelles ont droit les salariés et leurs familles, qui couvrent de façon collective et solidaire des évènements inhérents à l’activité et à l’existence.

Toute diminution des cotisations sociales versées par l’employeur s’analyse donc comme une baisse du salaire socialisé et donc du salaire tout court. Les salariés devront payer les conséquences d’une manière ou d’une autre. Cela est vrai même si l’Etat compense l’exonération de cotisations, car il faudra bien financer cette compensation par l’impôt, maintenant prélevé à la source.

Depuis octobre 2018, les fi ches de paie affi chent une hausse du salaire net du fait de la suppression des cotisations salariales Chômage et Maladie. Cette augmentation est à relativiser avec la hausse de la CSG. Finalement, le gain net est équivalent à 1,45 % du salaire brut.

Exemple : un salarié payé 2 000 € bruts par mois verra son salaire net augmenter de 29 € par mois. Cependant, cette augmentation est à mettre en perspective notamment avec le coût des soins médicaux par exemple. On sait, selon une étude menée en 2011, que 27 % des français renoncent aux lunettes car leur pouvoir d’achat ne leur permet pas de compenser ce que la Sécurité Sociale ne prend plus en charge. Cette situation ne peut qu’empirer.

Depuis les Ordonnances des 22 septembre et 20 décembre 2017, l’employeur d’une entreprise comprenant une ou plusieurs sections syndicales d’organisations représentatives a l’obligation d’engager une négociation collective sur plusieurs thèmes, au moins une fois tous les 4 ans (L2242-2), peu importe le nombre de salariés. Il s’agit de dispositions d’ordre public.

Les négociations collectives portent notamment sur :
• 1er thème : la rémunération : notamment les salaires, le temps de travail et le partage de la valeur ajoutée.
• 2e thème : l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes : notamment les mesures pour supprimer les écarts de rémunérations et la qualité de vie au travail.
• 3e thème : la gestion des emplois et des parcours professionnels (GPEC) : uniquement dans les entreprises d’au moins 300 salariés et les entreprises de dimension communautaire comportant au moins 150 salariés en France.

Il est important de se rappeler que ce n’est pas le travail qui coûte cher, mais bien le capital qui est un coût ! Seul le travail crée les richesses, tout ce qui revient aux actionnaires, aux banques, c’est pour le capital !

C’est pour cela que la CGT revendique une meilleure répartition des richesses.

Nous agissons pour des augmentations collectives, ne laissons pas la porte ouverte au patronat pour généraliser des augmentations individuelles.

Dans nos entreprises, il est important de travailler sur les besoins des salariés, ce qui suppose de travailler un cahier revendicatif avec eux et construire ainsi une grille des salaires qui tient compte des besoins des travailleurs et ne se base pas sur la grille de la branche qui, elle, s’appuie sur « l’index des prix à la consommation de l’INSEE ». Or cet indice n’est pas celui du coût de la vie.

Il nous faut aborder les négociations sur l’intéressement, l’épargne salariale ou retraite, en rappelant aux salariés les fondamentaux comme le salaire, en tant que paiement de la force de travail, que les profits soient réalisés ou non par l’entreprise.

La revendication de base qu’il est indispensable de mettre en avant :
• Le salaire d’embauche ne doit pas être inférieur à 1 800 euros et toute la grille salariale doit partir de 1 800 euros.

LES DANGERS DE LA PRIME

Face à la pression populaire, Macron, qui n’a jamais connu les fi ns de mois difficiles, a invité ses amis patrons, voire financiers, à verser une prime de 1 000 € maximum (au-delà, cela serait indécent...), exonérée de cotisations sociales, à leurs salariés. Du « black » légal !

Mais même si la faiblesse de nos salaires nous incite à ne pas cracher sur cette prime, une mise au point s’impose. Comme nous l’avons indiqué précédemment, depuis novembre, nous voyons apparaître sur nos bulletins de paye des exonérations de cotisations sociales voulues par Macron.

Ces dernières augmentent de quelques euros le salaire net des salariés quand les patrons économisent dans le même temps plusieurs centaines d’euros par mois et par salarié, en étant exonérés de payer leur part de cotisations sociales, qui sont du salaire différé.
Nos systèmes de retraite, de sécurité sociale, d’assurance chômage vont mathématiquement en pâtir.

En échange de quelques euros, les salariés vont devoir passer à la caisse pour pouvoir conserver ces prestations sociales qui seront désormais financées par l’impôt.
Au jeu de la défiscalisation, le salarié est toujours perdant. Cette prime Macron s’inscrit dans cette même philosophie.

Ensuite, et c’est là peut-être le plus insupportable, nos PDG se gargarisent du fait que des milliers de salariés vont pouvoir bénéficier de cette prime. Cela signifie tout simplement que des milliers de salariés touchent moins de 30 000 euros brut annuel, ce qui revient à dire qu’il y a une majorité de travailleurs pauvres !

Quand on connait les rémunérations pharaoniques des patrons de grands groupes, il n’est plus supportable de continuer à les engraisser en travaillant en sous-effectif, en subissant des pressions psychologiques, en touchant des salaires de misère et tout ça accompagné du sacrosaint « c’est mieux que rien » dispensé par les syndicats d’accompagnement. Il est plus qu’urgent de remettre la question des salaires au centre des débats.

C’EST LE TRAVAIL QUI PRODUIT LA RICHESSE

Depuis des années, l’écart se creuse entre les détenteurs du capital et ceux qui en assure la production.

La rémunération moyenne des patrons du CAC 40 atteint 5 millions d’euros par an, soit plus de 280 années de SMIC. Cette augmentation (+ 14 %) est la plus forte des dix dernières années. Les bénéfices (CAC 40) ont explosé en 2017 avec 94 milliards d’euros et la part des dividendes versés ne cesse de progresser, passant de 30 % en 2000 à 67,5 % en 2016.

Les aides publiques, exonérations fiscales ou de cotisations sociales représentent environ 200 milliards d’euros par an. Bien entendu, au détriment des salaires

Les salaires n’ont jamais été aussi bas et deviennent de plus en plus individuels. Les lois gouvernementales accentuent la mise en concurrence des travailleurs et affaiblit le rôle et la place des syndicats dans l’entreprise.

Jamais les versements de dividendes, de primes aux actionnaires ou aux grandes familles capitalistes n’ont été aussi importants que ces dernières années.

La question des salaires, côté patronal, est vite bâclée et les discours des directions sont récurrents : « on perd des parts de marché… les grèves successives minent l’économie… on a trop de « charges »… on est obligé de restructurer face à l’arrivée de nouvelles technologies… »

À nous, la CGT, de démonter cette imposture et de mettre les patrons face à leurs responsabilités !

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