15e congrès : une Fédération tournée vers l’avenir !

ACCUEIL / actualité / Dossiers thématiques / 15e congrès : une Fédération tournée vers l’avenir !

15e congrès : une Fédération tournée vers l’avenir !


Le 15e congrès de la Fédération CGT Commerce et Services s’est déroulé du 19 au 23 mars 2018, au Palais des Congrès de Reims. Merci à l’ensemble des congressistes, des invités et des délégations étrangères qui ont fait de ce congrès une réussite !

Lundi après-midi, Clément GABORIT du syndicat Commerce de La Rochelle a fait l’ouverture du congrès.

Puis Sabine DUMENIL, secrétaire générale de l’Union départementale de la Marne, a pris la parole pour présenter Reims et sa région. Elle a également invité l’ensemble du congrès à participer à la manifestation interprofessionnelle du 22 mars à Reims.

Le congrès a élu à une large majorité les commissions suivantes :
• Bureau du congrès
• Mandats et votes
• Résolution 1
• Résolution 2
• Statuts
• Candidatures.

Mardi matin, Marie-Hélène THOMET a lancé la séance en présentant nos invités et la délégation étrangère.

Une motion de soutien aux 3 camarades de la métallurgie poursuivis par un député FN a été adoptée à l’unanimité.

Le rapporteur de la commission mandats et votes, Pascal PETIT, a précisé que le rôle de cette commission est d’être garante de la régularité des votes et des résultats. Le congrès est composé de 278 congressistes, représentant 371000 voix.

Les votes électronique et papier ont été expliqués au congrès.

Dans un second temps, Amar LAGHA a présenté le rapport d’actualité. Il est revenu sur les activités de la Fédération durant les trois dernières années :
• davantage de proximité avec les territoires grâce aux CEF décentralisées,
• un pôle juridique et une permanence fédérale à la disposition des syndicats,
• un cabinet d’avocats spécialisé dans la discrimination syndicale,
• plus de 1400 stagiaires formés,
• le développement du pôle international,
• des meetings et des campagnes d’affichage pour lutter contre toutes les discriminations,
• la campagne 1+1 et plusieurs initiatives en lien avec les structures pour augmenter la syndicalisation.

Suite au rapport d’actualité, plusieurs camarades ont pris la parole pour saluer le travail de la Fédération.
Le rapport d’actualité a été voté :
• Pour : 96,64%
• Contre : 3,36%
• Abstention : 1,83%

Mardi après-midi, le rapport financier a été présenté par Elisabeth CHARTIER, qui a rappelé que les comptes sont certifiés par un commissaire aux comptes et sont publiés au Journal Officiel.

Le rapport financier a été voté :
• Pour : 98,26%
• Contre : 1,73%

Ensuite, Tiziri KANDI est intervenue pour proposer une motion de solidarité avec un camarade des HPE menacé de licenciement.

Patricia ALONSO a introduit les résolutions :
• Résolution 1 : Emploi et conditions de travail, nouveaux métiers
• Résolution 2 : Syndicalisation et structuration.

Fatiha CHALAL a présenté le premier chapitre de la résolution 1, « Emploi et conditions de travail ». Les nouvelles lois dérèglementent le travail et précarisent les salariés. Les nouvelles technologies changent nos façons de consommer et donc nos façons de travailler. D’ici 10 ans, un emploi sur deux sera affecté par la révolution numérique. Le patronat est en train de se libérer de toutes responsabilités sociales. Il nous faut anticiper la révolution numérique. Beaucoup de luttes sont à venir pour le partage équitable des richesses. Nous devons sécuriser le travail salarié.

Stéphane FUSTEC a ensuite présenté les amendements retenus par la commission pour le chapitre 1. S’en est suivi un débat riche en idées.

Cédrick HAFNER a exposé le deuxième chapitre de la résolution 1, « Communauté de travail ». Il rappelle que, dans nos secteurs, de plus en plus d’entreprises ont recours à la sous-traitance et/ou à la franchise. L’explosion de la décentralisation brise la communauté de travail dans une même entreprise. La majorité de ces salariés de la sous-traitance étant en intérim, il y a une forte précarité dans ces métiers.

Tiziri KANDI a ensuite présenté les amendements retenus par la commission pour le chapitre 2. Plusieurs camarades se sont exprimés.

Enfin, Patricia ALONSO a conclu cette troisième séance.

Mercredi matin, Christophe BOUCHEIX, président de séance, a ouvert la journée en présentant une motion de soutien contre le licenciement abusif d’un camarade des HPE.

Amel KETFI a introduit le chapitre 3 de la résolution 1, « Regroupement des CCN : pour des garanties collectives ». Après le visionnage d’une vidéo sur la sécurité sociale, elle a rappelé notre attachement à cette protection sociale. Le chapitre 3 propose de regrouper nos branches en 3 CCN : commerce ; services et hôtels-cafés-restaurants. La branche est un socle commun de droits qui a pour objectif de combattre les inégalités et d’obtenir de nouveaux droits.
Le chapitre 3 est divisé en trois thèmes :
• la complémentaire santé prise en charge à 100% par l’employeur
• un 13e mois sans condition et sans prorata
• des jours de congés conventionnels à 100%.

La commission ayant reçu très peu d’amendements pour ce chapitre, elle n’en a présenté qu’un.

Patricia ALONSO a conclu la résolution 1. 80% des amendements ont été retenus.

La résolution 1 a été votée :
• Pour : 99,92%
• Contre : 0,08%

Ensuite, Charles DASSONVILLE a introduit la résolution 2, « Structuration et syndicalisation ».

Sur la structuration, il est important que chaque syndiqué soit dans un syndicat. A l’heure actuelle, nos forces sont composées de 75% d’isolés et d’individuels. C’est à nous et aux structures de les organiser. La priorité reste la proximité. Nous devons partir de la base, c’est-à-dire du syndicat d’établissement. Il faut trouver la solution qui convient le mieux à chacun, en consultant les salariés.

Sur la syndicalisation, nous n’avons pas atteint notre objectif de 75000 syndiqués. C’est pourquoi nous avons lancé une campagne de syndicalisation massive et pérenne : 1+1, unis nous sommes plus forts. Chaque syndiqué devient le parrain d’un salarié. La syndicalisation doit être l’affaire de tous.

Loïc ROLDAN a présenté les amendements retenus.

Enfin, Patricia ALONSO a conclu la résolution 2. Notre Fédération doit accroître son impact sur les choix gouvernementaux et patronaux.

La résolution 2 a été votée :
• Pour : 98,14%
• Contre : 1,86%
• Abstention : 2,01%

Mercredi après-midi, après l’intervention d’un camarade de la NVO, la séance a été consacrée à une table ronde avec les délégations internationales.
Animée par Amel KETFI et Michel CALICAT, la table ronde était composée de :
• Valentina MITROFANOVA pour la Russie
• Marcio AYER pour le Brésil
• Ali LOTFI pour le Maroc
• Nicolas ALLEN pour les États-Unis
• Pilar PRATO pour l’Espagne
• Souzan ABDEL SALAM pour la Palestine.

Michel CALICAT a introduit le débat international. Il faut augmenter la solidarité et la compréhension entre les peuples. La Fédération a, au cours des dernières années, répondu à plusieurs sollicitations de syndicats étrangers.

Valentina MITROFANOVA a rappelé l’importance de la solidarité internationale. La pauvreté extrême et le chômage touchent de plus en plus de jeunes, partout dans le monde. Nous devons unir nos efforts pour avancer vers l’unité syndicale au niveau international.

Marcio AYER a expliqué qu’au Brésil, les attaques acharnées contre les droits des salariés sont monnaie courante. Leur dernière grande victoire a eu lieu lors de la mise en application d’une mesure supprimant la compensation obligatoire pour les dimanches et jours fériés travaillés. Grâce à une grève de masse, l’entreprise a cédé à 90% de leurs exigences.

Ali LOTFI a rappelé que le Maroc est gouverné par le parti intégriste depuis 5 ans. Ils sont en lutte chaque jour contre les inégalités sociales, les atteintes aux libertés syndicales et l’intégrisme. Au Maroc, la différence salariale entre les femmes et les hommes est de 40%. Le Maroc devient un pays d’accueil pour les migrants, principalement venus de l’Afrique sub-saharienne. Suite à une loi, la régularisation des migrants a été facilitée. Aujourd’hui, 86% des migrants sont régularisés.

Nicolas ALLEN est revenu sur le drame de l’élection du président Trump. Depuis son arrivée au pouvoir, les manifestations de grande ampleur se multiplient. Les travailleurs des secteurs les moins bien payés sont ceux qui doivent se soulever pour lutter contre les inégalités et les discriminations. En avril 2018, l’anniversaire de la mort de Martin Luther King fera l’objet d’une série d’actions. Par ailleurs, le 4 octobre 2018, une grève mondiale dans la restauration rapide est prévue. Il faut s’organiser davantage pour monter des actions contre les multinationales.

Pilar PRATO a expliqué la difficulté de mener des négociations collectives en Espagne. Les temps partiels sont de plus en plus présents. La priorité est de travailler sur la digitalisation des métiers, pour anticiper ce qui va se passer. Amazon était en grève le mercredi 21 et le jeudi 22 mars. Ce mouvement a été fortement suivi. La globalisation du capital est faite depuis plusieurs années, nous devons maintenant travailler sur la globalisation des droits.

Souzan ABDEL SALAM a expliqué la situation très complexe en Palestine. La classe ouvrière souffre de la précarité, de la pauvreté et de la politique colonialiste. Le peuple fait face à une politique raciste et à un génocide. La déclaration de Trump sur Jérusalem a choqué le monde entier. Mais Jérusalem reste une ville de paix.

Amar LAGHA a conclu le débat international. La Fédération a fait le choix de prendre en compte chaque sollicitation internationale. L’objectif est d’aider les travailleurs. Si nous n’obtenons pas de meilleures conditions de travail dans ces pays, on nous les imposera en France. Une motion sera proposée au congrès pour donner mandat à la future direction fédérale afin de créer les conditions de l’affiliation à la FSM (Fédération Syndicale Mondiale).

Jeudi matin, Victor MEDOKPO, président de séance, a ouvert la journée par une motion de soutien aux grévistes sans papier en région parisienne, proposée par l’Union départementale du 94. La motion de soutien a été adoptée à l’unanimité. Une caisse de solidarité a été ouverte au congrès et à l’URIF.

Brigitte COUDERC a introduit la modification des statuts fédéraux. Il s’agit de revendiquer de nouveaux droits et d’avancer dans notre syndicalisation. L’évolution de nos statuts est un besoin élémentaire. En effet, nos statuts ne transcrivent plus l’évolution de nos structures.
Les statuts ont pour but de fixer et d’organiser les règles démocratiques de notre Fédération. C’est une référence commune qui se doit d’être claire. La modification des statuts permettra d’éviter les litiges devant les tribunaux, car les patrons les dissèquent pour s’en servir contre nous. Nos statuts datent de 1973 et n’ont été modifiés que peu de fois. Grâce à un grand travail préparatoire, plusieurs avis et propositions ont été débattus.
La proposition de modification des statuts fédéraux a permis de les harmoniser avec nos résolutions et notre démarche syndicale. Grâce à ces modifications, nous essayons de redonner à chacun ses missions et ses prérogatives.

La commission statuts a reçu 57 amendements de 7 syndicats différents. 12 ont été retenus.

La modification des statuts fédéraux a été votée :
• Pour : 89,86%
• Contre : 10,14%
• Abstention : 4,92%

En fin de matinée, les congressistes sont partis manifester avec l’Union départementale de la Marne et l’Union locale de Reims. Il y avait plus de 2500 manifestants à Reims et plus de 450 à Châlons-en-Champagne.

Jeudi après-midi, Cédrick HAFNER a présenté au congrès la motion pour donner mandat à la future direction fédérale de créer les conditions de l’affiliation à la FSM (Fédération Syndicale Mondiale). Elle a été adoptée à la majorité.

Quentin LEYRAT a ensuite présenté sa récente victoire. Salarié de McDonald’s à Villefranche-de-Rouergue, lui et 5 de ses collègues sortent de 213 jours de grève. Il a été poursuivi par la CFDT pour diffamation et a appris qu’il était relaxé ce jeudi. Lui et ses camarades ont subi de nombreuses attaques à la fois sur les réseaux sociaux, en justice et personnelles. Félicitons-les pour cette belle victoire !

Ensuite, Djamila SALVATORI a fait le rapport de la commission candidatures. C’était la dernière étape de décision du congrès, avec l’élection de la CEF et de la CFC. Les membres élus à la CEF/CFC deviennent la direction fédérale. Ils sont au service de tous les syndicats et syndiqués de la Fédération.

La commission a reçu 114 mises à disposition, dont 51 femmes et 63 hommes. 28 membres de la CEF sortante se sont représentés. Les candidats représentent 32 départements et 19 branches professionnelles.

La CEF est l’organe dirigeant de la Fédération. Elle est chargée de mettre en œuvre les résolutions adoptées au congrès. La CEF assure l’information et la communication des activités de la Fédération. Elle se réunit au moins une fois par mois. Elle veille au respect des statuts fédéraux et doit être à l’image du salariat de nos professions.

La CEF élit en son sein un CAI chargé de mettre en place les dispositions pratiques permettant de mettre en oeuvre les décisions prises par la CEF.

La CEF élit un secrétaire général et un administrateur parmi ses membres.

Il est important de construire une CEF rassemblée et en capacité de travailler collectivement, pour porter nos orientations.

La liste proposée est composée de 60 membres issus des 114 candidatures. Elle a en moyenne 47 ans et est renouvelée à 60%. La parité est respectée, avec 50% de femmes et autant d’hommes.

La CEF/CFC a été élue entre 97% et 99% sur la liste proposée.

La journée s’est terminée par la diffusion du making off du congrès.

Vendredi matin, après la présentation des membres de la CEF et de la CFC, Amar LAGHA a prononcé son discours de clôture.

Les excellents résultats des votes prouvent que le travail des trois dernières années est satisfaisant.
Les prochaines actions de la Fédération doivent être :
• d’organiser des formations décentralisées,
• de mener une campagne contre l’armement des agents de sécurité privée,
• de poursuivre les CEF décentralisées,
• de travailler sur la structuration,
• d’amplifier notre action sur le plan international.
La modification de nos statuts nous permet désormais d’être en phase avec la réalité de nos secteurs.
Le rôle de la direction fédérale est de rassembler face à nos adversaires communs : le patronat et le gouvernement.

Contact : Ambre Danquigny

Top