La CGT toujours debout contre le plan social XXL de Carrefour !

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La CGT toujours debout contre le plan social XXL de Carrefour !


Dès la promulgation de la Loi Travail XXL et la ratification des ordonnances Macron, les patrons des multinationales du CAC40 n’ont pas tardé à s’en servir pour maintenir ou augmenter leurs profits, remplir les poches des actionnaires, détruisant au passage des milliers d’emplois et la vie des salariés. Le secteur du commerce et de la grande distribution n’y échappe pas et en profite pour restructurer et maintenir ses profits. Après Auchan en 2017, c’est le groupe Carrefour qui lance la grande offensive.

C'est donc par voie de presse, le 23 janvier 2018, qu’ Alexandre Bompard annonce son plan dit de « transformation » pour 2022. Un plan social XXL qui va avoir des conséquences désastreuses pour les salariés du groupe Carrefour. Cette restructuration n’est rien d’autre qu’un plan de licenciements boursiers.

Pour éviter un mouvement social pendant les fêtes de fin d’année 2017, il demande, lors d’une réunion, aux délégués de groupe de garder la confidentialité du plan. Mais c’est sans compter sur la CGT qui estime que les salariés doivent être informés, car c’est leur avenir qui est remis en question. Cela montre bien l’intérêt qu’ils portent à l’ensemble des salaries du groupe.

Le plan Bompard, c’est des milliers de postes supprimés au siège de Massy, la fermeture du siège de Boulogne-Billancourt, des fermetures de magasins Carrefour proximité, le passage des hypermarchés en location gérance, la suppression des rayons électroménager et électronique, la suppression des postes de vendeur et l’accélération du passage à la franchise pour les magasins Carrefour Market.

Dans les entrepôts, c’est l’accélération de la mise en place de robots pour plus de productivité avec un minimum de salariés. Une fois de plus, la robotisation et les nouvelles technologies ne sont pas mises en place pour améliorer les conditions de travail et soulager les salariés dans les tâches les plus pénibles, mais bien pour plus de rentabilité.

Le 7 décembre 2017, avec la Fédération CGT Commerce et Services, le secrétaire général de l’UD 91 Olivier Champtier, la secrétaire de l’UL de Massy Brigitte Gabriel et les camarades de l’interpro, nous avons organisé un rassemblement au siège France, à Massy. Nous étions plus de 300 salariés et élus CGT du groupe, venus des quatre coins de la France, pour montrer notre mécontentement et crier haut et fort « Bompard, ton projet on n’en veut pas ! ». Ce mouvement a aussi été soutenu par des militants politiques de la France Insoumise, du Parti Communiste et du Parti Communiste des Ouvriers de France, ainsi que par l’organisation Femmes Égalité.

Suite à la conférence de presse du 15 décembre 2017, nous décidons de lancer des actions dans les magasins pendant les fêtes de fin d’année.

Le 24 janvier à 15 heures, le Collectif CGT du Groupe Carrefour s’est réuni pour faire une conférence presse pour informer des dangers du projet. Nous décidons de continuer les actions et de lancer la semaine de la colère.

Le 5 février démarre la semaine de la colère à l’hypermarché de Montreuil (93), en présence de Philippe Marinez, secrétaire général de la CGT. Cette action a rassemblé un nombre important de salariés, d’élus et de mandatés venus de toute la France, les fédérations de l’interpro, l’URIF et l’UD du 93 étaient également présentes. Une délégation belge a aussi fait le déplacement pour nous soutenir, car les travailleurs belges sont aussi concernés. 1233 postes vont être supprimés dans le groupe en Belgique.

Durant ce rassemblement, nous avons pu entendre Philippe Martinez dénoncer la situation et les millions d’euros que Carrefour a touché au titre du CICE. Son intervention a été diffusée sur plusieurs chaînes de télévision et radios.

Amar Lagha, secrétaire général de la Fédération CGT Commerce et Services, a dénoncé la casse sociale.

Philippe Allard, délégué syndical central du groupe Carrefour, a pris la parole pour informer les médias, les salariés et la clientèle que la CGT continuera de mener des actions. Il a aussi annoncé la semaine nationale de la colère du 5 au 10 février 2018.

Des salariés ont exprimé leur inquiétude. Une hôtesse de caisse dit : « Je suis inquiète pour l’avenir de ma famille si je suis concernée par ce projet ! ».

Des personnalités politiques étaient aussi présentes, comme Alexis Corbière (FI), qui a dénoncé les pratiques du groupe : « Le groupe Carrefour doit rendre l’argent public qu’il a touché via le CICE et les exonérations des cotisations sociales, puisque aujourd’hui il licencie ». Cette manifestation a donc été un succès.

Malgré la neige et le froid, la CGT continue les actions dans les magasins partout en France. De ce fait, elle a obligé les autres organisations syndicales à se mettre en mouvement bon gré mal gré. Nous ne pouvons que nous en féliciter.

Bien que la presse et les médias n’en parlent pas ou plus, beaucoup de magasins ont suivi le mouvement social. Ci-dessous les magasins qui ont fait des grèves, débrayages, distribution de tracts et signature de pétition :
• Market Bourg-la-Reine (92), 27/01
• Carrefour Saint-Clément-de-Rivière (34), 5/02
• Carrefour Voiron (38), 5/02
• Carrefour Montreuil (93), 5/02
• Market Lagnieu (01), 6/02
• Carrefour Illzach (68), 7/02
• Carrefour Barentin (76), 7/02
• Market Marolles-en-Hurepoix (91), 7/02
• Contact Ambérieu-en-Bugey (01), 8/02
• Carrefour Aix en Provence (13), 8/02
• Carrefour Denain (59), 8/02
• Carrefour Venette (60), 8/02
• Carrefour Toulon Grand Var (83), 8/02
• Carrefour Epinal (88), 8/02
• Market Verrières-le-Buisson (91), 8/02
• Market Oyonnax (01), 9/02
• Carrefour Moulins (03), 9/02
• Carrefour Antibes (06), 9/02
• Contact Marché Marseille Belle de mai (13), 9/02
• Carrefour Nîmes (30), 9/02
• Carrefour Toulouse Purpan (31), 9/02
• Carrefour Lattes (34), 9/02
• Market Rives (38), 9/02
• Market Bray sur Seine (77), 9/02
• Contact marché Malakoff (92), 9/02
• Market La Souterraine (23), 10/02
• Carrefour Rennes (35), 10/02
• Carrefour Meylan (38), 10/02
• Market Haillicourt (62), 10/02
• Carrefour Thiers (63), 10/02
• Market Paris Italie (75), 10/02 (avec l’aide de l’UL du 13ème arrondissement)
• Contact Saint Étienne du Rouvray (76), 10/02
• Carrefour Quai d’Ivry (94), 10/02
• Hypermarché Vaulx-en-Velin (69), 15/02
• Contact Chilly Mazarin (91), 15/02
• Hypermarché Le Mans (72), 17/02
• Contact de Neuville-lès-Dieppe (76), 24/02

7 magasins étaient en grève le lundi 5 février : Contact Caen Demi Lune (14) à partir de 12h30 ; Contact Aubevoye (27) ; Contact Saint Étienne du Rouvray (76) ; Market Bois-Guillaume (76) à partir de 13h30 ; Contact Grand Couronne (76) qui est resté fermé ; Contact Gonesse (95) ; Hypermarché Évreux (27).

Les salariés crient haut et fort qu’ils ne vont pas se laisser faire. Ce plan de restructuration va aussi détruire les liens sociaux d’un quartier, avec la fermeture des magasins de proximité. Une cliente explique : « C’est dans ce magasin que je retrouve certaines de mes copines. Je connais les salariés. Ils sont attentifs et à l’écoute avec nous. Ces petits moments de ma vie vont disparaître, c’est triste ».

Le groupe Carrefour a réalisé 1 milliard d’euros de bénéfices sur 5 ans. Il a touché 2 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et a versé 2 milliards d’euros de dividendes aux actionnaires. Tout cela avec l’aide du gouvernement qui continue à suivre la feuille de route du MEDEF, en votant des lois régressives exploitant encore plus les travailleurs.

La CGT et les salariés sont déterminés et restent mobilisés contre le plan social XXL de Carrefour. La prochaine action se tiendra le 22 mars 2018, aux côtés d’autres Fédérations.

La Fédération CGT Commerce et Services, avec le Collectif CGT du Groupe Carrefour, sera aux côtés des salariés pour continuer les luttes et mettre toute en œuvre pour maintenir les magasins ouverts et faire annuler les licenciements.

Selon Alexandre Bompard, le plan dit de « transformation », c’est :
• 2400 suppressions de postes sur le siège en France,
• 2 milliards d’euros de réduction de coûts, notamment par la politique d’achat/vente et l’automatisation des plateformes de préparation de commandes dans la logistique,
• 273 magasins en moins parmi le parc des anciens « Dia », s’il n’y a pas de repreneur, ce sera des fermetures,
• 500 millions d’euros d’actifs immobiliers cédés,
• 100000 m2 de moins en surface pour les hypermarchés, notamment par la recherche de « partenariats » et l’adaptation de l’offre non alimentaire lorsqu’elle n’est pas « pertinente »,
• Le développement du e-commerce et du drive,
• Le passage d’hypermarchés à la location gérance,
• 45 à 50% du résultat net ajusté distribué aux actionnaires et le maintien de la politique de versement de dividendes.

Contact : Fatiha Chalal

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