Macron rétablit l’esclavage !

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Macron rétablit l’esclavage !


Le 17 janvier dernier, à Montreuil, la Fédération CGT Commerce et Services a organisé une conférence de presse afin de réagir aux premières attaques liées aux ordonnances applicables seulement depuis le 1er janvier !

Le patronat se réjouit, la casse sociale commence et son ampleur est plus qu’inquiétante. Voici quelques exemples...

Pimkie annonce, le 8 janvier, sa volonté de supprimer plus de 200 emplois en passant par un accord de Rupture Conventionnelle Collective. La CGT refuse cette négociation et, après avoir convaincu d’autres syndicats par le poids de la représentativité, le projet échoue. La direction, qui veut éviter un PSE, se rabat sur un Plan de Départs Volontaires (PDV), dont les conditions de départ des salariés seront un peu plus favorables avec des mesures d’accompagnement telles que la proposition d’un congé de reclassement, formation, priorité de réembauchage. La CGT se bat pour le maintien des emplois car l’enseigne n’a pas, en France, de motif économique pour se débarrasser des salariés comme elle le souhaite. Le comité central d’entreprise a déclenché un droit d’alerte dont le rapport sera connu dans deux mois.

Carrefour : Bompard arrive tel un tsunami en juillet 2017 ! Toutes les enseignes du Groupe sont dans le rouge concernant les conditions de travail : hypermarchés, Market, entrepôts, City, Contact, Banque.
Alors qu’elles avaient alerté en décembre sur le manque d’effectif, le nouveau PDG annonce qu’il présentera son « plan Bompard » en début d’année 2018.
Les salariés ont certainement passé de bonnes fêtes de fin d’année ! Merci patron ! L’annonce tant attendue est tombée sans surprise avec les bons vœux !
Bompard répond à la souffrance au travail de ses salariés par une restructuration qui va bien évidemment détruire des emplois ! Cette solution très capitaliste de soigner le mal est honteuse quand on connaît les bénéfices produits par ce groupe, sans compter les 400 millions d’euros de CICE et l’exonération de cotisations salariales.
Tout le panel proposé par les ordonnances est offert. Bompard ne se prive de rien ! Notamment la location gérance qui consiste à céder le fonds de commerce tout en conservant le bénéfice des loyers reversés par le repreneur, en transférant les contrats de travail avec perte des acquis conventionnels. Les seuls perdants : les travailleurs ! A l’issue de la période de transition (15 mois), de nombreux départs et licenciements sont à craindre.
Bompard est le spécialiste de la réduction des coûts qui, bien évidemment, passe chez lui par une réduction drastique du personnel, car ce Monsieur n’évoque jamais son salaire, ni ses avantages. Les craintes exprimées par la CGT se sont avérées, les dégâts en terme d’emploi sont énormes.
Il commence progressivement par réduire les emplois aux sièges, comme il l’avait fait dans le Groupe Fnac-Darty qu’il vient de quitter. La cession de 273 magasins Dia, la réduction des surfaces des hypermarchés qui va entraîner inévitablement la réduction des effectifs, la cessions de 500 millions d’actifs « non stratégiques »...
Belle perspective !

Chez Cora, ce sont les SAV qui sont impactés. Depuis plusieurs années, l’enseigne pratique des licenciements plus ou moins discrets, des reclassements plus ou moins bidons et là, même mot d’ordre : la réduction des coûts qui implique la disparition d’une catégorie du personnel : les techniciens SAV. Plus de 500 salariés sont concernés, ils sont nombreux à avoir une ancienneté conséquente. Cette société, qui bénéficie également du CICE et qui gave ses actionnaires, met en place une restructuration dont la CGT met en doute la légitimité. Nous mettrons tout en œuvre pour sauvegarder les emplois.

Chez Castorama et Brico Dépôt, même combat ! La direction, sous prétexte de sauvegarder sa compétitivité, très à la mode chez les patrons, supprime des emplois et délocalise les métiers du back office (RH, comptabilité, etc.). 750 suppressions de postes pour répondre à l’appétit des actionnaires.

Et que dire de Conforama ! Depuis des semaines, 9000 salariés vivent un cauchemar, n’ayant aucune certitude quant à la sauvegarde de leur enseigne et de leurs emplois. Steinhoff, unique actionnaire de l’enseigne, ne s’est pas privé des plaisirs de l’évasion fiscale, des fraudes en tout genre, d’irrégularités comptables notoires. Le groupe annonce un trou de 2 milliards d’euros dans la caisse, les banques refusent les demandes de crédits, mais la direction, qui se veut rassurante, demande aux Instances Représentatives du Personnel d’adhérer à un « contrat de confiance ». Et ce n’est pas une blague !

La Fédération dénonce cette facilitation des licenciements dits économiques, ces Ruptures Conventionnelles Collectives, toutes ces stratégies malsaines, honteuses, qui sont permises désormais par les ordonnances. L’affaiblissement des Instances Représentatives du Personnel contribue à rendre les salariés encore plus vulnérables.
Les patrons des grands groupes vont connaître de belles années, car toutes ces mesures vont ouvrir la porte aux profits sans scrupule.
Les salariés, eux, quand ils ne perdront pas leur emploi, vont perdre leurs acquis par le biais des franchises, des cessions, des transferts, de la location gérance.
La CGT a toujours alerté sur le danger que représentent les moyens donnés au patronat par Macron. Les patrons n’ont à la bouche que : réduction des coûts, profits, rentabilité, restructuration… A ces nuisibles, la CGT répond : sauvegarde des emplois, préservation des conquis sociaux, semaine à 32 heures, SMIC à 1800 euros, qualité de vie au travail !

Nous ne sommes pas fatalistes. La bataille contre les ordonnances continue tant sur le plan juridique que sur le plan revendicatif. La mobilisation est là, à la fois nationale comme nous l’avons constaté le 20 décembre, mais aussi dans nos enseignes ! La période sociale est difficile, mais la révolte des travailleurs attaqués de toutes parts se fait jour ! Même si les médias à la botte du gouvernement n’en parlent pas, nous connaissons la réalité !

Contact : Marie-Hélène Thomet

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